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_ He walks away, the sun goes down... He takes the day but I'm grown... .

" Sara ?"
" Oui ?!"

_Je me suis retournée, j'ai cherché derrière moi, personne. Je tourne la tête, je le vois, c'est lui. Sa chevelure poivre et sel, sa silhouette amaigrie, ses joues un peu creusées une allure d'homme fatigué. Ce que j'ai ressentis à ce moment là c'est quelque chose d'inexplicable. Tiraillée entre l'envie de courir dans ses bras le temps d'une étreinte et l'envie de courir à toute vitesse. Partir me cacher loin, très loin, là où il ne pourrait plus jamais m'atteindre. Il s'est avancé, il a parlé. Non il n'a pas dit que je lui manquais ou qu'il m'aimait ou quoique ce soit qui puisse faire un naître en moi un sentiment de regret, de culpabilité. Quelque chose qui me fasse comprendre que j'avais peut-être encore besoin de lui. Il s'en est tenu à son habituel " Ca va", m'a serré dans ses bras. Je l'ai senti. La première fois depuis à peu près un an. Je suis restée les mains dans les poches, les yeux baissés, je me suis laissée faire, je l'ai laissé parlé. Depuis un moment déjà je ne sais pas pourquoi je ressentais comme un besoin de le serrer dans mes bras, je ne voulais pas lui parler ni l'entendre. Rien. Juste le serrer. Mais il a parlé, il y avait du monde autour, beaucoup de monde. Je me suis laissée faire. Je l'ai interprété comme un signe de faiblesse. J'aurais du reconnaître sa voix, j'aurais du lutter, j'aurais du lui dire que pour moi c'était définitivement terminé et que si un jour je voulais le voir ou lui parler, je savais où le trouver. Mais je n'ai rien fait. Je me suis laissé étreindre. Oh non, ce n'était pas une étreinte de celle qu'on oubliera jamais, une étreinte qui ressource, qui fait du bien. C'était plutôt comme une fatalité. Un geste qu'il ne pouvait s'empêcher de faire pour me prouver qu'il n'était pas si mauvais que je le pensais. Cela ressemblait fortement à une habitude, quelque chose de machinal que l'on fait sans réfléchir mais là ça l'était. Oui s'était réfléchis, j'irais même jusqu'à dire que sa joie de me revoir était surjouée. En vérité, il s'en contrefiche. Il ne l'a pas fait pour l'envie de me revoir, de me serrer de me sentir. Non plutôt par crainte que je le vois passer à côté de moi et que je le regarde s'éloigner sans même qu'il soit venu me voir. Oui c'était surjoué, je le ressentais. Peut-être même l'a t-il fait pour me dire " Tu vois je ne suis pas comme toi, moi, je viens te voir lorsque je te croise. Tu ne peux pas m'effacer. " Lorsqu'il a vu que je réagissais pas, que j'avais compris, il est parti et comme à chaque fois, je me suis retournée pour le regarder s'éloigner avec l'espoir que ça serait la dernière fois que je le regarderai partir et que la prochaine fois ça serait son tour. Malgré ça, je n'ai pu m'empêcher de ressentir sa présence. Comme si il me suivait de loin, me regardait. je pense qu'en fait, c'est seulement une façon pour moi de me prouver que je ne suis pas rien à ses yeux. Et pourtant... Il ne s'est jamais vraiment intéressé à moi, j'étais pour ainsi dire le cadet de ses soucis même si on a eu nos moments. Rares certes mais ils ont bel et bien existé. Des actes banals, des souvenirs de gamines mais des souvenirs quand même. D'aussi loin que remonte mes souvenirs, nos bons moments s'arrêtaient aux châteaux de légo qu'il construisait dans ma chambre, à la chanson qu'il me chantait, notre chanson et à la fois ou j'ai fais pipi dans la voiture. Je n'ai jamais réussi à attirer son attention, il n'a jamais posé sur moi ce regard que j'aurai aimé qu'il pose. Ce regard qui dit tout. Je n'ai jamais réussi à le faire rire comme eux le faisaient rire. Je pense qu'avec moi, qu'avec nous, il n'a jamais été heureux. Oh il ne l'est pas plus aujourd'hui je dois bien l'avouer. Je pensais qu'il aurait mal mais non. Aujourd'hui il regrette. Il avait tout et n'a plus rien ou plus grands chose. Il s'est donné un jour à elle et depuis, elle ne fait que de le bouffer chaque jour un peu plus. J'aurais aimé pouvoir me raccrocher à lui mais ça n'est pas le cas. Je dirais simplement que c'est tant pis pour lui. Oui, pour lui. Il a fait son choix, c'est douloureux au début mais je ferme la cicatrice petit à petit. Aujourd'hui, je suis pratiquement rafistolée. Il m'aura rendue plus forte, plus fière, plus heureuse, plus déterminée et ça, c'est LA seule chose que je retiens.

Tu.sais, desfois, .j'ai peur du noir et là comme ça,. je .fais ma grande, mais en vérité,.j'ai besoin de toi.
J'en ai marre de lutter contre cette douleur cinglante qui s'accroche à .mes. tripes...
...De .te.haïr alors que je.devrais t'aimer... Mais ça ne change rien.

Je.te.hais,.parce que pour le moment, c'est tout ce que .je. peux t'offrir.

# Posté le dimanche 10 août 2008 11:11

Modifié le jeudi 16 avril 2009 10:09

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