__Je m'apelle S. S. R. 17 ans, en terminale littéraire. Je suis le genre de fille qui rit de tout, qui fait comme si elle ne se souciait de rien. J'ai appris à ne pas prêter attention au regard des gens, ils pensent ce qu'ils veulent du moment qu'ils me fichent la paix. Un passé assez tumultueux sur lequel je ne m'attarderai pas, a fait que je m'affirme de plus en plus chaque jour et que je suis extrêmement fière de ce que je suis aujourd'hui. Un peu méchante sur les bords, j'ai une fâcheuse tendance à avoir la langue bien pendue, à dire tout haut ce que les tout le monde pense tout bas, à m'emporter pour la moindre contrariété. Je doute beaucoup, de tout, je vois le vice en tout, partout, tout le temps et lorsque que quelque chose de nouveau se présente à moi, que je dois prendre une décision il peut m'arriver de foncer tête baissée, comme ça. Agir d'instinct quitte à le regretter plus tard. La plupart du temps, je réfléchis. Je réfléchis beaucoup, peut-être même trop. Mais je n'y peux rien je vois le vice en tout, partout. Je me pose beaucoup de questions, je me projette dans l'avenir j'imagine ce qu'il pourrait se passer, tout ça dans la perspective de ne pas souffrir encore. A défaut de souffrir, je fais souffrir les gens ils m'attendent, espèrent et moi je fuis. Fuir. Une des choses que je sais le mieux faire. Lorsque j'ai peur ou que je doute, je fuis. Pourquoi ? Parce que j'ai peur. La peur, l'instabilité, deux sentiments qui m'animent le plus. J'ai peur de plusieurs choses comme tout le monde je présume c'est anodin d'avoir peur. J'ai toujours besoin de bouger, de sentir qu'il y a du nouveau, de recommencement. J'ai aussi besoin de sentir que je suis aimée, de sentir que j'ai des personnes auxquels me raccrocher, qui me relèveront en cas de chute. Aujourd'hui je ne doute plus de ça, la question est réglée: je sais exactement qui répond présent, tout le temps, pour tout, pour rien, n'importe quand. J'ai cependant toujours eu trop de pudeur pour faire sortir ces mots qui me râpent les lèvres, me les brûlent. Je me sens nue, idiote. Pour moi c'est comme une évidence. Je me sens incapable d'aimer un garçon. Je sais d'où ça vient, ça fait mal, le tout, le rien, l'amour. C'est beau mais je ne sais pas aimer. Ce n'est pas fait pour moi. Trop instable, trop naïve, je ne sais pas faire la différence entre mes sentiments, ce que je ressens. Je n'en sais rien. Je pense qu'en vérité je le sais mais j'ose pas me l'avouer, parce que me l'avouer conduirait à m'engager et... Oui, j'ai encore une fois peur de souffrir alors je réfléchis encore et encore et toujours. J'ai conscience que ce n'est pas bon, qu'il se lassera mais c'est plus fort que moi, je préfère me protéger. Et je dois bien avouer que pour le moment je ne ressens pas un besoin flagrant d'avoir quelqu'un. Je dirais même que je m'en contrefiche et ce depuis le jour où j'ai reconnu les bienfaits de l'amitié. Tant qu'[Ils] m'aiment, le reste n'est pas vraiment important. J'accorde de l'importance à la moindre petite chose qui me rappelle quelqu'un, un moment, des paroles. Je garde tout, des tickets de caisse, billets d'avion, photos, papier déchirés ou griffonnés en cours, des post-it, des dessins, des lettres... Tout. Je rattache ça à mon envie de rester adolescente toute ma vie, à ma peur de grandir. Une vraie trouillarde j'en ai conscience. J'ai des qualités, des défauts mais je pense être une fille bien, du moins je m'efforce de l'être. Comme la plupart des gens, j'ai des rêves où plutôt des objectifs. Je n'aime pas trop ce terme de rêve pour des choses qui en vérité ne sont pas inaccessibles même si un rêve en soi, c'est pas quelque chose de fantastique. Le mot objectif me paraît plus approprié. Les beaux textes me fascinent. Je parle beaucoup, tout le temps, de tout, de rien mais ça je pense que ça saute aux yeux.
Saramicalement vôtre...
Pix' by Heidi Slimane
